Pour Pelle Aardewerk, un message est central : les entreprises doivent cesser de se contenter de réagir aux cyberattaques et investir beaucoup plus dans leur prévention.
Lors de Cybersec 2026 à Bruxelles, il s’exprime sur la sécurité des points de terminaison. Il explique pourquoi les ordinateurs portables, les ordinateurs de bureau et autres appareils ont souvent été le point de départ d’incidents cyber ces dernières années, et comment les nouvelles technologies et réglementations doivent contribuer à une meilleure résilience numérique.
Aardewerk ouvre son récit par une comparaison issue du monde du sport. Selon lui, les cyberattaques ressemblent à un match de football entre attaquants et défenseurs. « La cybersécurité est un sport d’équipe. Les attaquants n’ont souvent besoin que d’une seule action réussie pour gagner. » Les entreprises tentent de suivre le rythme avec leur stratégie de cybersécurité, mais les cybercriminels continuent de trouver de nouveaux moyens de s’introduire. Selon Aardewerk, environ 350 000 nouvelles formes de logiciels malveillants apparaissent chaque jour. C’est pourquoi il devient plus difficile de se fier uniquement aux antivirus classiques.
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Les règles européennes reposent sur la confiance
Une partie importante de la session porte sur la législation européenne telle que NIS2, DORA et le Cyber Resilience Act. Selon Aardewerk, cette réglementation ne concerne pas seulement la conformité : « L’Union européenne a instauré ces règles parce que, ces vingt dernières années, nous avons acheté de plus en plus de technologies en dehors de l’Europe. La question est : avons-nous encore suffisamment confiance en cette technologie ? »
Selon Aardewerk, l’Europe réalise qu’une indépendance technologique totale est irréaliste. C’est pourquoi l’UE opte pour des exigences plus strictes envers les fournisseurs et les utilisateurs de technologies. L’objectif est que les entreprises et les fournisseurs augmentent ensemble leur niveau de sécurité et améliorent ainsi leur résilience numérique.
La sécurité commence avant la première utilisation
Aardewerk souligne que la sécurité ne commence pas seulement lorsqu’un utilisateur allume un appareil. Les appareils peuvent également être manipulés lors de la production, du transport et du stockage.
HP a développé à cet effet un système permettant aux entreprises de vérifier si tous les composants d’un appareil correspondent encore à la configuration d’origine de l’usine. Cela doit permettre d’éviter l’ajout inaperçu de matériel ou de logiciels malveillants avant la mise en service d’un appareil.
Protection contre les attaques de micrologiciels
Selon Aardewerk, une menace croissante se situe sous le niveau du système d’exploitation : dans le micrologiciel (firmware). Il esquisse un scénario simple où un ordinateur portable est laissé sans surveillance un court instant dans une chambre d’hôtel. Pendant cette brève période, un attaquant peut installer un micrologiciel malveillant qui reste pratiquement invisible pour les logiciels de sécurité traditionnels.

« Avant que le processeur ne démarre, notre puce de sécurité vérifie d’abord si quelque chose a été modifié dans le micrologiciel. » Si une anomalie est constatée, le système peut se restaurer automatiquement avec une version propre du BIOS.
Isoler les logiciels malveillants inconnus
Selon Aardewerk, les nouvelles variantes de logiciels malveillants encore inconnues constituent un défi majeur. Comme les logiciels antivirus dépendent des menaces connues, les nouvelles attaques passent régulièrement entre les mailles du filet. HP utilise pour cela une technologie d’isolation où les sites web, fichiers et pièces jointes suspects sont ouverts dans un environnement séparé et protégé. Tout logiciel malveillant éventuel est détruit dès que cet environnement est fermé.
Les appareils perdus restent un risque
Les ordinateurs portables volés ou perdus constituent un autre point d’attention. Il précise que si un appareil est porté disparu, les administrateurs peuvent le localiser et l’effacer à distance. Selon Aardewerk, ce n’est pas seulement l’appareil lui-même qui représente un risque, mais surtout les données qui y sont stockées. Pour y remédier, HP utilise des connexions mobiles intégrées permettant de suivre les appareils même lorsqu’ils ne sont plus accessibles via les connexions Internet habituelles. Outre les données, les clés de chiffrement sont également supprimées pour éviter tout abus.
Les entreprises doivent se concentrer sur la gestion des risques, la prévention et la récupération rapide en cas d’incident. « En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de conformité, mais surtout de résoudre les risques les plus importants. » Selon lui, les nouvelles réglementations, la sécurité avancée des points de terminaison et une approche préventive offrent aux entreprises la possibilité d’accroître leur résilience numérique.

