L’IA évolue à grande vitesse, passant d’une technologie expérimentale à une force opérationnelle au sein des processus d’entreprise. Lors de la VanRoey AI Inspiration Day, il est apparu clairement que l’IA dans le cloud comme l’IA locale sur PC (AI PC) deviennent des éléments constitutifs essentiels de l’environnement de travail numérique.
La VanRoey AI Inspiration Day montre que les entreprises belges se trouvent à un point de bascule. Tom Hufkens, Marketing Manager chez VanRoey, souligne d’emblée un fossé frappant. « 76 % sont déjà en train d’expérimenter l’IA, mais seuls 21 % franchissent le pas vers une application dans leur cœur de métier », insiste-t-il.
Selon Hufkens, ce n’est pas la technologie qui fait défaut, mais la culture. Il observe que les collaborateurs utilisent facilement l’IA à la maison pour des tâches du quotidien, alors qu’au niveau professionnel, tout se fige souvent par crainte de se lancer. Dans la salle, la majorité se rallie à l’idée qu’il vaut mieux commencer tout de suite que d’attendre une stratégie parfaitement ficelée. « Il faut lever ce frein. L’IA a désormais sa place dans chaque workflow », conclut-il.

Hufkens utilise désormais l’IA pour créer des présentations, préparer des rendez-vous commerciaux et générer des idées créatives. « L’IA n’est plus un gadget. Elle commence réellement à devenir un membre de l’équipe. »
Copilot devient un collègue à part entière
L’approfondissement technique est assuré par Dries De Bie, expert Microsoft chez VanRoey. Il embarque la salle avec enthousiasme dans l’univers Microsoft Copilot, en pleine expansion. À la question de savoir ce qui est nouveau dans Copilot, il répond invariablement par une boutade : « Combien de jours j’ai ? » Microsoft continue en effet d’ajouter en permanence de nouveaux blocs de construction : Copilot Create, Pages, Designer, Notebooks, AI Builder, Evaluations, Analytics, et bien d’autres.
Pour apporter de la structure, De Bie distingue trois grandes voies : Copilot Chat, gratuit ; Copilot (payant), qui accède aux documents de travail ; et Copilot Studio, qui permet aux entreprises de développer leurs propres agents. C’est surtout cette dernière catégorie qu’il voit devenir le catalyseur principal des gains de productivité. « Les agents fonctionnent comme des collègues virtuels. Ils connaissent votre rôle, vos processus et votre contexte. Cela change tout. »
Les agents fonctionnent comme des collègues virtuels. Ils connaissent votre rôle, vos processus et votre contexte. Cela change tout.
Dries De Bie, Microsoft-expert chez VanRoey
Lors de sa démonstration, il montre comment un agent commercial comprend automatiquement le contexte, traite les e-mails et génère dans Outlook des réponses prêtes à l’emploi. L’utilisateur n’a plus besoin d’imaginer lui-même le prompt parfait : l’agent sait comment l’organisation fonctionne.
Selon De Bie, la force de Copilot réside surtout dans son intégration à toutes les applications Microsoft bien connues : Word, Excel, PowerPoint, Outlook, Teams et SharePoint. La version payante exploite vos documents, votre boîte de réception, votre agenda et vos conversations Teams pour travailler plus efficacement. « Le prompting devient de l’automatisation. On ne gagne vraiment du temps que lorsque l’IA s’approprie votre manière de travailler », dit-il.

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle passe visiblement de la créativité générative à un soutien opérationnel. Réponses aux e-mails, présélection de CV, comparaison de documents, planification et recherche de données deviennent des tâches quotidiennes que Copilot prend en charge en grande partie.
Les systèmes ERP deviennent proactifs
Eric Goris, spécialiste de Dynamics 365, montre que la même évolution est à l’œuvre dans Microsoft Business Central, où l’IA n’est plus une couche supplémentaire, mais un élément intégré au système ERP. « Business Central n’est plus passif. Le système prend lui-même l’initiative », explique-t-il.
Business Central n’est plus passif. Le système prend lui-même l’initiative.
Eric Goris, spécialiste Dynamics 365 chez VanRoey
Un exemple concret est la logique prédictive intégrée qui calcule quels clients risquent de payer en retard. Les collaborateurs le savent désormais déjà au moment de la tournée de facturation, au lieu de ne s’en rendre compte que des semaines plus tard.
Mais, selon Goris, le véritable point de bascule réside dans les Sales Order Agents et les Payables Agents, qui seront bientôt disponibles. Ces agents lisent les e-mails entrants, proposent automatiquement des devis, récupèrent des informations produits, vérifient les délais de livraison et enregistrent les commandes. « Un agent se tient dans votre dos comme un collègue numérique. Vous décidez, il exécute. »

Cette automatisation raccourcit des cycles de commande entiers, réduit les marges d’erreur et allège la pression administrative. L’ERP évolue ainsi d’un modèle réactif vers un système auto-piloté.
L’IA accélère à la fois les cyberattaques et la défense
Nikolai Vervoort, spécialiste en cybersécurité chez VanRoey, explique clairement à l’auditoire que l’IA n’offre pas seulement des opportunités, mais qu’elle accélère aussi les menaces de manière exponentielle. « Des attaques qui prenaient autrefois des jours se produisent désormais en quelques minutes », avertit-il.
Grâce aux LLM, les e-mails de phishing sont rédigés sans fautes, dans n’importe quelle langue. Un test mené à Harvard montre que 60 % des destinataires se laissent piéger par un phishing généré par l’IA. Par ailleurs, des acteurs étatiques utilisent déjà l’IA pour automatiser jusqu’à 90 % de leurs attaques.
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Selon Vervoort, l’antivirus classique est depuis longtemps dépassé. « La détection basée sur les signatures est morte. La sécurité moderne s’intéresse au comportement, pas aux fichiers. » Son équipe utilise d’ailleurs elle aussi l’IA pour générer des requêtes SIEM complexes, analyser des scripts et accélérer les analyses d’incidents. Attaquants comme défenseurs gagnent en vitesse simultanément, si bien que chaque seconde compte.
Le PC IA ramène la puissance de calcul à l’edge
Rajendra Sitompoel, CTO chez HP Benelux, élargit la perspective vers l’infrastructure. Alors que l’IA dans le cloud se développe, l’infrastructure sous-jacente subit une pression croissante. « Nous ne pouvons pas et nous n’avons pas besoin de tout continuer à traiter de manière centralisée. Ce modèle exerce une pression trop forte sur l’approvisionnement énergétique et revient inutilement cher », affirme-t-il.
Nous ne pouvons pas et nous n’avons pas besoin de continuer à tout traiter de manière centralisée. Ce modèle exerce une pression trop forte sur l’approvisionnement énergétique et est inutilement coûteux.
Rajendra Sitompoel, CTO chez HP Benelux
Selon lui, la solution réside en grande partie dans l’essor du PC IA. Ces appareils intègrent une NPU (Neural Processing Unit) qui permet d’exécuter localement des tâches d’IA. « Un PC IA exécute l’IA plus rapidement, de manière plus économe en énergie et plus sûre, parce que l’inférence — les calculs d’IA — se fait sur l’appareil et que les données n’ont pas besoin de le quitter. »
Microsoft pousse le marché avec le Copilot+ PC, qui exige un minimum de 40 TOPS de puissance NPU. Pourtant, l’adoption au cours de l’année écoulée est restée quelque peu en deçà des attentes : environ 30 % des PC vendus sur la période seraient des PC IA, selon Sitompoel. « Une NPU n’est utile que dans la mesure où les applications l’exploitent réellement. Les éditeurs de logiciels doivent prendre le relais, et ils relèvent désormais le défi. »

Il observe un mouvement clair : les tâches d’IA croissent plus vite que les datacenters ne peuvent suivre, la consommation d’énergie devient un enjeu stratégique et les organisations veulent davantage de contrôle sur leurs données. Un modèle hybride, dans lequel l’IA s’exécute en partie localement à l’edge et en partie dans le cloud, devient dès lors une nécessité plutôt qu’une tendance.
L’IA devient locale, opérationnelle et invisible
Les enseignements des différents intervenants lors de la VanRoey AI Inspiration Day forment un récit cohérent. De Bie montre comment Copilot s’immisce toujours plus profondément dans le travail quotidien, tandis que Sitompoel met en évidence que l’infrastructure sous-jacente se déplace en partie vers l’appareil lui-même. Ensemble, ils dessinent les contours du nouvel environnement de travail numérique.
L’IA n’est plus perçue comme une application distincte, mais comme un assistant invisible qui exécute des processus, soutient la prise de décision et effectue localement des calculs sur une NPU économe en énergie. Il en résulte un modèle d’IA hybride dans lequel le cloud et l’appareil collaborent de manière transparente.
L’IA ne devient réellement utile que lorsqu’elle s’intègre à vos processus.
Dries De Bie, Microsoft-expert chez VanRoey
Comme le formule De Bie : « L’IA ne devient réellement utile que lorsqu’elle s’intègre à vos processus. » Sitompoel abonde dans le même sens : « L’avenir est hybride : une partie dans le cloud, une partie sur votre appareil. Tout fonctionne ensemble. »
Dès lors, 2026 promet d’être l’année où l’IA ne se tiendra plus à côté de l’environnement de travail, mais s’y ancrera définitivement.
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